Journées professionnelles
Chaque année depuis 2013, Cinémas 93 propose un rendez-vous professionnel au Ciné 104 à Pantin. Ces journées de réflexion thématisées réunissent des professionne·les de l’exploitation cinématographique, des professionnel·les de la petite enfance, des médiateur·ices jeune public, des cinéastes… Les thématiques abordent des enjeux autour de l’éveil et de l’éducation au cinéma mais aussi autour de l’exploitation, la diffusion et la création cinématographiques.
La prochaine édition aura lieu les 17 & 18 mars 2026, au Ciné 104 à Pantin. Retrouvez le programme détaillé ci-dessous. Les inscriptions gratuites et en ligne ouvriront lundi 26 janvier.
Retrouvez en attendant la restitution de l’édition #12 qui s’est déroulée les 18 et 19 mars 2025 au Ciné 104 (Pantin).
Édition #13
1ère journée – mardi 17 mars : Le cinéma et nos écrans du quotidien
Matinée
Les tout-petits vont au cinéma (2-5 ans) : quelle place pour le cinéma dans les univers culturels des jeunes enfants ?
Alors que la surexposition aux écrans est devenue une question de santé publique, Sylvie Octobre, sociologue de la culture, dressera un état des lieux de la place des écrans dans les univers culturels des jeunes enfants, en fonction de leur environnement familial et social. Il s’agira ensuite de s’interroger sur les mots et les ressources permettant d’affirmer la spécificité du cinéma, en tant que médium (regarder des films à la maison ou ailleurs) et en tant que pratique culturelle (partager une sortie au cinéma).
9h15 / Accueil et ouverture des Journées professionnelles
9h30-11h15 / Conférence : les écrans et les jeunes enfants : au-delà des paniques morales par Sylvie Octobre, sociologue de la culture spécialisée dans les pratiques culturelles des jeunes
Peu de domaines culturels ont fait l’objet d’autant de paniques morales et de recommandations institutionnelles que celui qui a trait aux rapports des enfants aux écrans. Qu’elles proviennent d’organismes de santé, d’aide à la parentalité ou d’éducation, les normes concernant les rapports des enfants aux écrans prônent à l’unisson la distance et sont basées sur quatre éléments : une réduction du terme écran aux écrans domestiques (on ne pense pas « salle de cinéma » dans ces normes), une conception binaire des écrans (qui oppose d’une part les écrans dits « passifs », notamment la télévision, aux écrans dits « (inter)actifs », sans discussion des contenus consommés) ; une vision de l’enfance en danger face aux écrans ; et un jugement critique des parents, notamment ceux des catégories populaires, supposés déficients dans le contrôle de la consommation de leurs enfants.
11h15-11h45 / Présentation de l’étude CINÉMODEV (Cinéma Émotions et Développement de l’enfant) visant à appréhender le cinéma à destination des très jeunes enfants
par Lisa Jacquey, chercheuse spécialiste du développement du très jeune enfant, et Klara Kovarski, chercheuse en psychologie et neurosciences
La place des écrans dans la vie des jeunes enfants (0-6 ans) et de leurs parents est au cœur de nombreux débats dans notre société et pose la question de la régulation des usages numériques, allant d’une interdiction totale à une co-éducation. Si les « petits écrans » font l’objet de nombreuses études scientifiques quant aux habitudes familiales ou aux effets de leurs usages, le cinéma – avec son statut spécifique de « grand écran » – demeure lui non exploré par les recherches scientifiques. Le projet Cinémodev a pour objectif de documenter la place du cinéma dans le quotidien des jeunes enfants et de leurs familles, ainsi que d’interroger son potentiel rôle dans l’éveil aux images et aux usages numériques. Ce projet, financé par le ministère de la Culture, est mené conjointement par le LaPsyDÉ (CNRS & Université Paris-Cité), le laboratoire PSITEC (Université de Lille), l’association Cinémas 93 et l’association Premiers Cris.
12h-13h / Ateliers sur inscription (places limitées)
- Atelier 1 : Danser son film
par Marina Rocco, danseuse et professeure
au Ciné 104
À travers le corps, l’espace, le temps et l’imaginaire, cet atelier propose de traverser physiquement un film, et de le réinventer en dansant. En réinvestissant par le corps les mouvements des personnages ou des situations filmiques, cet atelier permet aux participant·es de vivre le cinéma comme une expérience sensible avant tout. Aucune pratique de la danse n’est nécessaire pour participer à cet atelier. Prévoir une tenue confortable.
Atelier 2 : Littérature jeunesse et cinéma
par Marielle Bernaudeau, formatrice et pédagogue du cinéma
à la bibliothèque Elsa Triolet (Pantin)Comment créer des liens entre la littérature jeunesse et le cinéma ? Comment un album jeunesse peut-il nous aider à aborder avec des jeunes enfants des questions de cinéma ? Une sélection d’albums, de courts métrages et de jouets optiques seront proposés et manipulés dans cet atelier participatif.
Conférence animée : le cinéma, un spectacle sur grand écran
par Florence Guillaume, intervenante en éducation aux images
au Ciné 104
Cette conférence animée propose d’explorer, de manière concrète et sensible, ce qui fait du cinéma un écran “pas comme les autres” : un espace singulier, pensé pour l’attention, le temps partagé et la rencontre. Le film est abordé comme une œuvre, courte ou longue, et projeté pour être regardé ensemble, en salle, à la maison ou en collectivité, porteur d’émotions, d’échanges et de découvertes.
Après-midi
Éducation au cinéma et création cinématographique : le smartphone à l’écran
Le smartphone est un outil incontournable de notre quotidien : du fait de sa plurifonctionnalité et de son nomadisme, il est devenu un prolongement de nous-mêmes. Si son usage nous est naturel et familier, la représentation de cet objet dans les films contemporains pose des défis formels et narratifs qui seront discutés avec des cinéastes et leurs collaborateur·ices : dans quelle mesure la présence du smartphone à l’écran transforme-t-elle la création cinématographique ?
14h15 / Accueil
14h30-16h / Ciné-conférence – banalisation du smartphone au cinéma : un objet devenu « quelconque » ?
par Clément Marguerite, doctorant en études cinématographiques au sein de Paris 8 Vincennes – Saint-Denis
Omniprésent dans nos vies quotidiennes, le smartphone semble naturellement voué à être représenté au cinéma. Est-il pour autant devenu un objet « quelconque », dont la mise en scène ne susciterait aucune question ? En s’appuyant sur des extraits de films contemporains, cette conférence explorera une hypothèse : la banalisation du smartphone, dans ses différents usages, renouvelle au cinéma des interrogations liées à des enjeux sociaux, politiques et esthétiques.
16h – 17h30 / Discussion croisée entre trois scénaristes : comment écrire pour le cinéma et la série à l’ère du smartphone ?
avec Delphine Agut, coscénariste de L’histoire de Souleymane (2024), Joris Goulenok, scénariste de la série Amours Solitaires (2023) sur Arte, Jonathan Millet, scénariste et réalisateur du film Les Fantômes (2024)
Rencontre animée par Anne Huet, directrice du Ciné 104
17h30 / Apéro de fin de journée
2ème journée – mercredi 18 mars : les jeunes ambassadeur·ices sont-elles et ils la solution ?
Exploitation cinématographique : les Jeunes Ambassadeur·ices sont-elles et ils la solution ?
Face au défi du renouvellement des publics, les salles de cinéma doivent-elles confier les clés à une jeunesse qui serait mieux placée pour faire (sur)vivre le lieu ? Mais de quelle jeunesse parle-t-on et quelle place En ouvrant la réflexion aux autres lieux de diffusion culturelle et à partir de mises en situation, nous réinterrogerons les objectifs et les moyens mis en œuvre : et si les effets de tels dispositifs n’étaient pas forcément ceux que l’on croit ?
9h15 / Accueil
9h30-10h15 / Conférence : Ambassadeur·ices : des moyens au service de quels objectifs ?
par Tomas Legon, sociologue
Comment utiliser les connaissances sociologiques pour distinguer moyens et objectifs, ne pas les confondre, et penser son action de manière lucide ? Cette intervention répondra à cette question en revenant sur la création et l’animation de groupes de jeunes ambassadeur·ices au sein des salles indépendantes. Dans ce but, nous aborderons les pratiques cinématographiques ordinaires des différents jeunes, l’identification de ce que les acteurs culturels espèrent transformer dans ces pratiques via les groupes d’ambassadeur·ices et, enfin, ce qui explique la confusion entre moyens et objectifs qui peut caractériser cette action culturelle dans sa conception comme dans sa mise en œuvre pratique.
10h15 – 12h15 / Présentation d’initiatives
– Les Young Ambassadors de la ville de Niš en Serbie
– Les Jeunes Ambassadeurs de la culture (JAC) de Caen la Mer
– Art Session du Centre Pompidou : un projet précurseur des Jeunes Ambassadeur·ices
12h15-13h / Rencontre avec d’ancien·nes Jeunes Ambassadeur·ices du Centre Pompidou et de Caen la mer
En conclusion de cette matinée, la parole sera donnée à celles et ceux qui ont été directement concerné·es par ces dispositifs, afin d’éclairer les effets qui peuvent jaillir d’un tel engagement bénévole dans les lieux culturels.
APRÈS-MIDI (14h15-17h30)
14h15 / Accueil
14h30 – 17h30 / Ateliers sur inscription (places limitées)
• Atelier 1 : Forum participatif Trivial Pursuit : édition Jeunes Ambassadeur·ices
À travers un Trivial Pursuit revisité, cet atelier participatif propose de croiser expériences et pratiques liées aux dispositifs de Jeunes Ambassadeur·ices, potentiels leviers d’avenir pour les salles de cinéma
par Alexandre Suzanne, médiateur culturel
• Atelier 2 : Tous·tes médiateur·ices ? Les ambassadeur·ices comme préscripteur·ices, diffuseur·ses et transmetteur·ices
À travers cet atelier, l’objectif sera de découvrir comment tout un chacun peut concevoir et mener une médiation autour d’un objet artistique, et quels rôles peuvent jouer les encadrant·es dans l’épanouissement des jeunes dans leurs missions.
par Victor Carvalho, ancien jeune volontaire de Art Session
• Atelier 3 : Communiquer sur les réseaux sociaux avec les Jeunes Ambassadeur·ices
Réparti·es en petits groupes, les participant·es se mettront dans la peau de Jeunes Ambassadeur·ices accompagné·es dans la réalisation de micro-clips valorisant un événement ou une salle.
par Rémi Ubeda, médiateur culturel cinéma (Théâtre et cinéma Jacques Prévert à Aulnay-sous-Bois) et Léonard Pottier, chargé de communication et d’actions culturelles (l’Espace des Arts aux Pavillons-sous-Bois)
• Atelier 4 : Créer un podcast collectif
Par petits groupes, les participant·es seront invité·es à réaliser de courts reportages et des interviews, réunis dans une émission radio enregistrée dans les conditions du direct.
par Gaëtan Trovato et Melvin Laguerre, Les Engraineurs