Y a t-il une Vierge encore Vivante ? de Bertrand Mandico

Réalisation : Bertrand Mandico - Production : Ecce Films - essai - 8 min

Selon une légende anglaise, Jeanne d'Arc n'est pas morte au bûcher. On lui brûla les yeux et elle fut déflorée par un étalon Anglais. Elle fut ensuite condamnée à errer sur les champs de bataille, tel un charognard, à l'affût de la vie, à la récherche de vierges encore vivantes.

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sélections - DIFFUSIONs

Sortie en salle le 2 septembre 2015 sous le programme HORMONA, accompagné de Prehistoric Cabaret et Notre Dame des Hormones
Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand (2016) – Sélection Films en région 
Festival Côté Court, Pantin (2016) - Compétition fiction
Curtas Vila do Conde, Portugal, (2016)
Encouters Film Festival, Bristol (2016)
Festival du Nouveau Cinéma, Montréal (2016)
Curtocircuito à Saint Jacques de Compostelle (2016)
Morbido Film Festival au Mexique (2016)
Festival Européen du Film Court de Brest (2016)

 

Textes

Les films de Bertrand Mandico sont comme des films qu’on aurait vus en rêve et dont on dirait : J’étais dans une salle de cinéma qui était également un temple orphique plein de statues humaines et nous y assistions à la projection du film d’un très vieil enfant visionnaire qui était aussi l’invocation rituelle d’une déesse : la déesse de la chair luxuriante, des fruits qui mûrissent et des fleurs qui fanent.

Dans Prehistoric Cabaret, où Elina Löwensohn danse entre des fantômes otto-dixiens et george-grosziens de spectateurs déclinants, alcoolisés, énervés et excités, la pénétration dans les strates les plus profondes de l’être fonctionne comme le poème-piano-bastringue de l’art devenu planétarium érotique, érotarium sacrificiel.

Dans Y a-t-il une vierge encore vivante, Elina Löwensohn est une Jeanne d’Arc aux yeux crevés, préraphaélite et f’murrresque, hiératique comme une demoiselle Mordred dans son armure d’argent. La forêt est sauvage, venteuse et murmurante comme un vers de Rimbaud.

Dans Notre-Dame-des-Hormones, Œdipe est un vieillard aux longs seins. Dans un palais de cauchemar, Nathalie Richard et Elina Löwensohn jouent la variation apocryphe d’un Baby Jane archaïque, pétillant et traître comme un cocktail ; un épisode oublié de Céline et Julie filmé dans l’Italie d’un monde-miroir où pousse un vieux morceau de chair. Les couleurs collent aux corps comme du miel sur les paupières pourpres des anges.

Chaque image de Bertrand Mandico que nous sommes amenés à découvrir est déjà mythique, inimaginable et instantanément inoubliable. Le sang, l’or, la cire et les alcools y coulent comme des larmes. Tout y est inquiétant et sublime, tourmenté et consolateur.

Pacôme Thiellement